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11 mois d’allaitement. Les + et les –


« Il en a eu assez ! Là, c’est de la gourmandise. »

Passés les 2 ou 3 premiers mois pendant lesquels l’allaitement est plus généralisé, on peut entendre des phrases comme celle-ci : « Il en a eu assez ! Là, c’est de la gourmandise ; il va falloir que tu commences à te décider, il va falloir arrêter à un moment donné. ».

Mais, s’il en a eu assez, pourquoi passe-t-on du lait maternel au lait en poudre ou au lait de vache ? S’il en a eu assez, s’il faut arrêter, on devrait arrêter de lui donner du lait, non ? Mais tout le monde nous dit que le lait est important pour les enfants… Il y a quelque chose qui cloche, là.

Selon les recommandations de l’OMS : « l’allaitement exclusif au sein pendant les 6 premiers mois est le mode d’alimentation optimal pour le nourrisson. Par la suite, les bébés doivent recevoir des aliments complémentaires en plus de l’allaitement maternel qui doit se poursuivre jusqu’à l’âge de 2 ans ou au-delà. » Donc, on peut considérer que jusqu’aux 2 ans « ou au-delà », ce n’est pas « de la gourmandise », c’est qu’il a besoin de lait (maternel ou pas).

Que l’on soit à l’aise ou pas avec l’allaitement prolongé est une autre question. Moi‑même, je n’ai allaité mon premier enfant « que » jusqu’à ses 13 mois parce que je ne me sentais plus à l’aise, mais ceci ne veut pas dire qu’il n’avait plus besoin de lait ; nous avons remplacé le lait maternel par un autre type de lait. À n’importe quel moment, si on décide d’arrêter l’allaitement, on peut faire une transition respectueuse vers le lait artificiel, le lait de croissance ou le lait entier de vache (selon l’âge de l’enfant, j’en parlerai dans un autre article). Mais il est important de savoir qu’on le fait parce qu’on a pris la décision de le faire, et pas « parce qu’il a eu assez de lait, parce que ce n’est pas bon d’allaiter si longtemps, que le lait n’est plus nourrissant », ou plein d’autres mythes.

L’allaitement n’est pas un long fleuve tranquille. Rien n’est tout noir ou tout blanc. Il a ses contraintes de la même façon que le biberon a les siennes.

Pour moi il y a plusieurs points qui font pencher la balance vers l’allaitement:

  • c’est naturel ;
  • c’est toujours prêt, pas besoin de préparer, réchauffer, etc.
  • ça réduit le coût et les déchets (pas de pots de lait en poudre) ;
  • ça permet de créer un lien spécial avec le bébé (ceci ne veut pas dire que les mamans qui n’allaitent pas n’ont pas un lien avec leur bébé, mais elles n’ont pas celui‑ci).

Mais comme je l’ai dit, tout n’est pas noir ou blanc, il existe aussi des contraintes:

  • c’est toujours maman qui s’en occupe (évidemment !)
  • si on continue l’allaitement quand on fait garder l’enfant, il est fort possible qu’il soit nécessaire de tirer son lait.

Il faut que j’avoue que parfois j’aimerais bien ne pas avoir à me lever la nuit, mais tout de suite je pense que ce serait encore plus fatigant de devoir se lever pour préparer un biberon, et les bébés ont besoin de plein d’attentions auxquelles le papa peut participer, comme changer une couche bien pleine 😀

Par rapport à l’extraction du lait maternel, même si ce n’est pas mon activité préférée, je préfère pouvoir continuer de donner mon lait à mon enfant même quand je ne suis pas avec lui.

J’ai souvent entendu la remarque « tu as un travail qui te le permet » (je travaille à mon compte). Or, je mets environ 10 à 15 minutes pour tirer mon lait pour le lendemain. Donc c’est tout à fait possible pendant la pause de n’importe quel travail. C’est peut-être plus contraignant, oui, je ne dis pas le contraire, mais c’est pour ça que c’est un choix. J’ai étudié les + et les – et, pour l’instant, je préfère tirer mon lait pendant la semaine et savoir que d’un autre côté, je peux sortir sans n’avoir presque rien à préparer (il faut quand même penser aux couches !) quand je suis avec mon enfant.

En savoir plus :

https://www.who.int/nutrition/topics/exclusive_breastfeeding/fr/

https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/allaiter-aujourd-hui-extraits

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L’allaitement

Quand E est né, je ne me suis même pas posé la question. L’allaiter me semblait l’option la plus naturelle. J’avais lu des livres et des articles sur l’allaitement et, à Gérone (Espagne), où nous habitions à l’époque la question ne se posait même pas. Le plus courant c’était d’allaiter et de le faire jusqu’à ce que l’enfant ait envie d’arrêter.

Les sages-femmes organisaient des cours de soutien pour l’allaitement et il y avait un grand réseau de mamans qui s’entraidaient. J’ai donc suivi la « tendance ».

Depuis le début, je m’étais dit que j’allaiterai mon fils jusqu’à ce qu’il ait ses dents… E a fait ses premières dents à 11 mois, comme s’il savait que s’il se pressait, on fermerait le robinet. Dans notre cas, c’est moi qui ai décidé que je ne voulais plus l’allaiter, mais nous avons essayé de faire la transition de la façon la plus douce et la plus respectueuse possible. Je l’ai donc allaité jusqu’à ses 13 mois. De ses 11 mois jusqu’aux 13 mois nous avons réduit progressivement les tétées jusqu’à arrêter complètement.

Ce que j’ai fait n’est ni la meilleure ni la pire des options. C’est juste mon choix. Cependant, ce qui dans notre environnement était « la norme » choquait en Bretagne (Je précise à Gérone et pas en Espagne car c’est l’environnement que nous avons connu, et en Bretagne et pas en France parce que je ne connais pas la situation dans tout l’hexagone).

Je savais déjà qu’il y avait certaines différences par rapport à l’allaitement entre la Bretagne et Gérone parce que nous avons des amies en France qui ont des enfants et qui n’ont pas allaité ou l’ont fait pendant une période très courte. Je ne critique pas le fait qu’elles n’aient pas allaité ; la décision d’allaiter est très personnelle, mais je veux mettre en évidence la différence culturelle existante. 

Quand nous sommes allés en France présenter notre petit bout de chou âgé de 3 mois, on me posait des questions et j’entendais des commentaires du style : « tu l’allaites encore ? ; et tu penses l’allaiter jusqu’à quand ? ; tu es courageuse, moi je ne pourrais pas le faire ; tu as de la chance, moi je n’avais pas assez de lait ; il a déjà eu assez, là c’est de la gourmandise… ». Et quand on se promenait à Gérone, les commentaires étaient plutôt dans l’autre sens : « tu l’allaites encore, non ? ; il a besoin du sein, il est encore petit ; tu vas tirer ton lait, non ? c’est tellement plus simple ! »

Concernant les questions de maternité, tout le monde aime bien s’en mêler et commenter, mais c’est vrai que les commentaires étaient très différents !

En 2016 nous avons déménagé en France, à Nantes, où j’ai eu mon deuxième enfant en février 2018. De nouveau, je ne me suis pas posé la question de l’allaitement. Mais là, j’étais dans un autre environnement et j’étais curieuse de voir les différences.

Pendant la grossesse, les sages-femmes me demandaient si j’allais allaiter mon enfant et si j’avais déjà allaité le premier et, souvent, je percevais une réaction de surprise quand je disais que j’avais allaité pendant 1 an, mais il faut dire qu’au CHU de Nantes, où j’ai accouché, les sages-femmes encourageaient toutes l’allaitement, ce qui changeait de l’idée préconçue que j’avais.

Cependant, maintenant que nous sommes au onzième mois d’allaitement, la différence entre les deux pays réapparaît et je trouve très peu de mamans qui allaitent leurs bébés au-delà des 3 ou 4 mois.

J’insiste, la décision de donner le sein ou le biberon est très personnelle et il n’y a pas une réponse correcte ou incorrecte. Mais, je me pose la question : est-ce que ces mamans qui ont décidé de ne pas (ou de ne plus) allaiter avaient toutes les informations pour choisir ? C’est pour ceci que j’aimerais partager ce que j’ai appris pendant l’allaitement pour que la décision soit prise sur des bases solides et pas sur des mythes ou de fausses idées sur l’allaitement.