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Du lait de vache ou du lait de croissance : telle est la question

Cela fait quelques mois que je me pose la question suivante : comment allons-nous faire la transition de l’allaitement au lait de vache ou au lait de croissance le jour où nous arrêterons l’allaitement ?

Il y a 3 ans, quand j’ai commencé à sevrer E (à 13 mois), j’ai fait la transition du sein au biberon avec du lait de vache sur les conseils de notre infirmière pédiatrique.

Mais pourquoi je me pose la question maintenant ? Parce que cette fois-ci, plusieurs personnes m’ont conseillée de passer plutôt au lait de croissance. Mais, qu’est-ce que le lait de croissance ? Quelle est la différence entre le lait de vache et le lait de croissance ? Et pourquoi choisir l’un plutôt que l’autre ? Voici le résultat de mes enquêtes pour donner réponse à ma question.

Le lait de croissance est une préparation à base de lait de vache enrichie principalement avec du fer et d’autres vitamines. Donc, à priori, le produit semble être correct.

Voyons les détails…

On part de la base que le seul lait adapté au nourrisson pendant ses 6 premiers mois de vie est le lait maternel ou les préparations adaptés pour nourrissons s’il n’est pas allaité. À partir des 6 mois, on commence à diversifier avec d’autres aliments mais le lait maternel (ou la préparation correspondante) continue à être l’aliment principal du nourrisson jusqu’aux 12 mois.

À mesure que notre enfant grandit, ses besoins changent. Nous pouvons (et l’OMS conseille de le faire) continuer à allaiter notre enfant jusqu’à ses 2 ans et même au-delà. Mais s’il arrête d’allaiter avant (par son choix, ou celui de la maman) ou s’il est nourri au biberon, quel lait choisir ?

Le PNNS (Programme National Nutrition Santé) recommande le lait de croissance plutôt que le lait de vache car il serait plus adapté aux besoins de l’enfant. Mais, plein d’autres organismes comme l’EFSA (European Food Safety Authority), l’EPSGHAN (European Society for Paediatric Gastroenterology Hepatology and Nutrition), l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l’AAP (American Academy of Pediatrics) ou l’UNICEF considèrent que le lait de croissance n’est pas nécessaire et qu’il n’a pas été prouvé qu’il soit plus adapté que le lait de vache pour les enfants à partir d’1 an.

Selon les études faites par ces institutions, à partir des 12 mois, on pourrait passer sans problème au lait de vache. Le seul inconvénient est que le taux de fer présent dans le lait de vache est très faible, et ceci peut entrainer un manque de fer pour les enfants qui ne suivent pas une alimentation équilibrée. Cette affirmation est importante, car c’est ici que le marché voit une opportunité pour agir. Comme parents, nous essayons de donner ce qu’il y a de mieux à notre enfant et si on nous présente un produit riche en vitamines, en fer et en calcium, on l’adopte facilement.

Mais, heureusement, aujourd’hui, dans notre société, la plupart des enfants ont une alimentation qui leur permet de couvrir ce manque. Les laits de croissance pourraient donc être adaptés dans certaines situations où les enfants n’ont pas accès à une alimentation complémentaire assez riche et variée. Malheureusement, le coût moyen du lait de croissance est plus élevé que celui du lait de vache. Donc, si une famille a des difficultés financières, il vaudrait mieux investir moins dans du lait de croissance pour pouvoir privilégier d’autres aliments.

Qu’est-ce qu’apporte le lait de croissance ?

Le lait de croissance est vendu comme source de vitamines et de minéraux. Mais ceux-ci peuvent s’acquérir au travers des fruits, des légumes, des céréales, de la viande, du poisson… C’est-à-dire au travers des produits qui composent l’alimentation de nos enfants.

En outre, comme il n’y a pas une normative spécifique pour la composition du lait de croissance, les laits de ce type qu’on trouve sur le marché (dans les rayons des supermarchés ou pharmacies) sont très différents les uns des autres, ce qui peut causer confusion aux parents ; et la plupart du temps, aux vitamines et minéraux s’ajoutent des sucres, des additifs, du sel…

Il faut donc faire très attention à la liste d’ingrédients. On ne va pas voir maintenant comment lire les étiquettes (je vous en parlerai dans un autre article), mais pour rendre les choses faciles : moins il y a d’ingrédients, plus fiable et plus naturel sera le produit.

J’ai donc comparé les ingrédients et valeurs nutritionnelles de deux produits commercialisés par une même marque : du lait de vache entier et du lait de croissance:

Comme je l’ai dit précédemment, je ne vais pas détailler maintenant comment lire les étiquettes mais, la différence tant au niveau de la liste qu’au nombre d’ingrédients entre les deux types de laits est évidente. Et, je vous laisse vous faire votre propre avis mais, de mon côté, certaines choses me choquent dans cette liste.

D’un côté le produit est présenté comme adapté à partir des 10 mois alors que jusqu’à maintenant on parlait de produits adaptés à partir des 12 mois. D’un autre, à la fin de la liste est indiqué « sans arôme vanille ». Comme on l’a déjà vu, il n’y a pas une normative stricte pour ces laits. Donc, les ingrédients peuvent varier, et il existe plusieurs marques qui ajoutent un arôme vanillé à leur produit pour cacher le goût ferreux que celui-ci pourrait avoir (dû à l’ajout de fer). Cet arôme vanille s’obtient normalement avec l’addition d’autres ingrédients dont le sucre… En outre, le goût vanillé (plus sucré) peut faire que l’enfant refuse le goût du lait de vache et qu’il ait également dans le futur une tendance à rechercher et préférer des produits vanillés (généralement sucrés et moins naturels).

Après la déclaration « sans arôme vanille », nous trouvons la mention « sans sucres ajoutés ». Mais, si on consulte la liste des ingrédients, on retrouve des « maltodextrines » ! Mais, quel est cet ingrédient au nom si particulier ? En quelques clics sur internet et en consultant Wikipédia par exemple, on peut lire : « Une maltodextrine est le résultat de l’hydrolyse d’un amidon (blé, maïs) ou d’une fécule (pomme de terre). Elle est donc constituée de différents sucres (glucose, maltose, maltotriose, oligosides et polyosides) directement issus de cette réaction, dans des proportions qui dépendent du degré de l’hydrolyse….»…. Bingo ! Le sucre est donc caché sous des termes et ingrédients aux noms peu évocateurs ! Mais, il est bien présent…

De même, si on regarde les valeurs nutritionnelles, on peut voir que ce produit apporte aussi 35 mg de sel pour 100 ml. Ça n’est pas excessif, mais c’est totalement inutile et s’ajoute aux autres aliments salés que le bébé mangera pendant la journée, augmentant ainsi le risque qu’il consomme trop de sel par jour.

Donc voilà, maintenant, je ne me pose plus la question. ☺️ Pour l’instant, nous continuons l’allaitement. Le jour venu, nous passerons directement au lait de vache (ou éventuellement au lait de chèvre, brebis…) et, afin d’éviter qu’il ait des carences vitaminiques et minérales, je ferais de mon mieux pour que G reçoive une alimentation suffisamment variée.

En savoir plus :

https://www.lllfrance.org/vous-informer/promotion-et-protection-de-l-allaitement/1683-loms-declare-les-qlaits-de-croissanceq-ne-sont-pas-necessaires

http://www.carevox.fr/enfants-ados/article/pour-une-decroissance-des-laits-de

http://info.babymilkaction.org/sites/info.babymilkaction.org/files/altroconsumo09laitsFRENCH2.pdf

https://www.who.int/nutrition/topics/WHO_brief_fufandcode_post_17July.pdf

https://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/131025

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Les fameux 4 mois

Ce Noël, lors d’un repas familial, une jeune maman m’a dit que le pédiatre lui avait donné les consignes pour commencer l’alimentation complémentaire…à 4 mois. Ça m’a vraiment surprise. Il y a des années, on conseillait encore de commencer avec certaines céréales ou des petits pots de fruits à 4 mois. L’incorporation de la femme au travail et (surtout) l’industrie alimentaire infantile ont renforcé cette situation. Mais il y a presque vingt ans, en 2001, l’OMS à publié un document qui conseillait « l’alimentation au sein exclusive pendant 6 mois puis l’introduction d’aliments complémentaires et la poursuite de l’allaitement ». Depuis, plusieurs documents ont été publiés et d’autres organismes de pédiatrie et nutrition ont validé le conseil de prolonger l’allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois.

C’est vrai qu’avec le premier enfant, on a envie de découvrir de nouvelles choses, de passer aux étapes suivantes… On attend avec impatience qu’il commence à faire de nouveaux sons, qu’il se découvre les pieds, qu’il commence à grimper… Et évidemment, nous avons envie qu’il commence à « manger ». Nous avons tous vu des films où les papas et mamans font l’avion avec la cuillère, désespérés devant un bébé qui n’ouvre pas la bouche dans une cuisine pleine d’éclaboussures de purée de fruits. Et nous attendons ce moment, cette nouvelle étape, pour la découvrir avec envie. Mais il vaut mieux ne pas se presser et profiter des instants présents de votre bébé, qui grandira bien assez vite.

Actuellement, plusieurs études ont prouvé que l’introduction de l’alimentation complémentaire dès 4 mois n’apporte pas de bénéfices, ni d’un point de vue médical, ni d’un point de vue nutritionnel car, le lait maternel couvre les besoins nutritionnels de l’enfant jusqu’à ses 6 mois. En outre, les systèmes digestif, rénal et neurologique du bébé sont très immatures à la naissance et ne commencent à être prêts pour recevoir un aliment autre que le lait qu’autour des 6 mois. Ces conseils s’appliquent aussi pour les bébés nourris au biberon avec des laits maternisés qui ne devraient recevoir aucun aliment (autre que le lait) jusqu’aux 6 mois environ.

Est-ce que cela veut dire que le jour de ses 6 mois, mon bébé va commencer à manger de la nourriture solide ? Non, nous ne sommes pas tous pareils. Il y a des enfants qui seront prêts à 6 mois, d’autres un peu avant, d’autres encore qui ne seront pas intéressés du tout par les aliments solides jusqu’aux 7 mois… Et, en plus, la transition entre l’allaitement (ou le lait maternisé) et l’alimentation complémentaire est très progressive. C’est justement pour celà qu’on l’appelle « complémentaire » parce que, pendant les premiers mois (voir années), l’alimentation solide n’est qu’un complément de l’aliment principal du nourrisson : le lait.

Et alors, pourquoi trouve-t-on au supermarché des produits « adaptés à partir de 4 mois » ? Comme je l’ai mentionné au début de l’article, il y a des années, l’incorporation de la femme au travail (entre autres) a provoqué qu’on fasse garder les bébés plus tôt et a réduit notablement les taux d’allaitement. Les produits alimentaires pour les nourrissons se sont multipliés. En 1981, un code international pour la commercialisation des substituts du lait maternel a été créé. Depuis, l’Assemblée Mondiale de la Santé a adopté plusieurs résolutions sur la commercialisation et la distribution des substituts du lait maternel en précisant ou en développant certains points abordés dans le Code. En 2016, l’Assemblée Mondiale de la Santé a rédigé un guide afin de « mettre un terme aux formes inappropriées de promotion des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants ». Dans ce document ils réaffirment « la nécessité de promouvoir la pratique de l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie et la poursuite de celui-ci jusqu’à l’âge de deux ans au moins ». Ils appellent également les « fabricants et les distributeurs d’aliments pour nourrissons et jeunes enfants à mettre fin à toutes les formes inappropriées de promotion » et les professionnels de la santé à appliquer ces recommandations.

Même si, avec le temps, des changements et améliorations sont apparus progressivement, on peut constater qu’il reste beaucoup à faire. Il y a encore des marques qui commercialisent leurs produits à partir de 4 mois et des médecins qui conseillent d’introduire l’alimentation complémentaire à cet âge.

Donc, en somme, pas besoin de se presser. Si votre bébé a 4 mois, vous avez encore environ deux mois pour profiter de l’allaitement (ou du biberon) et pouvoir vous renseigner sur la meilleure manière de commencer l’alimentation complémentaire.

En savoir plus:

http://apps.who.int/gb/archive/pdf_files/WHA54/fa54id4.pdf?ua=1&ua=1

https://www.who.int/nutrition/publications/code_english.pdf

https://www.who.int/nutrition/topics/infantfeeding_recommendation/fr/

https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/272649/9789241565592-eng.pdf?ua=1

http://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA69/A69_R9-fr.pdf?ua=1

https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/275411/WHO-NMH-NHD-17.1-fre.pdf?ua=1

https://www.who.int/nutrition/topics/exclusive_breastfeeding/fr/

https://www.who.int/features/qa/21/fr/

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32013R0609&from=FR

https://www.unicef.org/french/nutrition/index_breastfeeding.html

https://www.lllfrance.org/professionnels/etudes-recentes/1944-faut-il-commencer-la-diversification-des-4-mois

https://www.lllfrance.org/vous-informer/promotion-et-protection-de-l-allaitement/940-code-commercialisation-lait-artificiel-commente

http://albalactanciamaterna.org/lactancia/tema-4-cuando-los-ninos-crecen/los-alimentos-complementarios/

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11 mois d’allaitement. Les + et les –


« Il en a eu assez ! Là, c’est de la gourmandise. »

Passés les 2 ou 3 premiers mois pendant lesquels l’allaitement est plus généralisé, on peut entendre des phrases comme celle-ci : « Il en a eu assez ! Là, c’est de la gourmandise ; il va falloir que tu commences à te décider, il va falloir arrêter à un moment donné. ».

Mais, s’il en a eu assez, pourquoi passe-t-on du lait maternel au lait en poudre ou au lait de vache ? S’il en a eu assez, s’il faut arrêter, on devrait arrêter de lui donner du lait, non ? Mais tout le monde nous dit que le lait est important pour les enfants… Il y a quelque chose qui cloche, là.

Selon les recommandations de l’OMS : « l’allaitement exclusif au sein pendant les 6 premiers mois est le mode d’alimentation optimal pour le nourrisson. Par la suite, les bébés doivent recevoir des aliments complémentaires en plus de l’allaitement maternel qui doit se poursuivre jusqu’à l’âge de 2 ans ou au-delà. » Donc, on peut considérer que jusqu’aux 2 ans « ou au-delà », ce n’est pas « de la gourmandise », c’est qu’il a besoin de lait (maternel ou pas).

Que l’on soit à l’aise ou pas avec l’allaitement prolongé est une autre question. Moi‑même, je n’ai allaité mon premier enfant « que » jusqu’à ses 13 mois parce que je ne me sentais plus à l’aise, mais ceci ne veut pas dire qu’il n’avait plus besoin de lait ; nous avons remplacé le lait maternel par un autre type de lait. À n’importe quel moment, si on décide d’arrêter l’allaitement, on peut faire une transition respectueuse vers le lait artificiel, le lait de croissance ou le lait entier de vache (selon l’âge de l’enfant, j’en parlerai dans un autre article). Mais il est important de savoir qu’on le fait parce qu’on a pris la décision de le faire, et pas « parce qu’il a eu assez de lait, parce que ce n’est pas bon d’allaiter si longtemps, que le lait n’est plus nourrissant », ou plein d’autres mythes.

L’allaitement n’est pas un long fleuve tranquille. Rien n’est tout noir ou tout blanc. Il a ses contraintes de la même façon que le biberon a les siennes.

Pour moi il y a plusieurs points qui font pencher la balance vers l’allaitement:

  • c’est naturel ;
  • c’est toujours prêt, pas besoin de préparer, réchauffer, etc.
  • ça réduit le coût et les déchets (pas de pots de lait en poudre) ;
  • ça permet de créer un lien spécial avec le bébé (ceci ne veut pas dire que les mamans qui n’allaitent pas n’ont pas un lien avec leur bébé, mais elles n’ont pas celui‑ci).

Mais comme je l’ai dit, tout n’est pas noir ou blanc, il existe aussi des contraintes:

  • c’est toujours maman qui s’en occupe (évidemment !)
  • si on continue l’allaitement quand on fait garder l’enfant, il est fort possible qu’il soit nécessaire de tirer son lait.

Il faut que j’avoue que parfois j’aimerais bien ne pas avoir à me lever la nuit, mais tout de suite je pense que ce serait encore plus fatigant de devoir se lever pour préparer un biberon, et les bébés ont besoin de plein d’attentions auxquelles le papa peut participer, comme changer une couche bien pleine 😀

Par rapport à l’extraction du lait maternel, même si ce n’est pas mon activité préférée, je préfère pouvoir continuer de donner mon lait à mon enfant même quand je ne suis pas avec lui.

J’ai souvent entendu la remarque « tu as un travail qui te le permet » (je travaille à mon compte). Or, je mets environ 10 à 15 minutes pour tirer mon lait pour le lendemain. Donc c’est tout à fait possible pendant la pause de n’importe quel travail. C’est peut-être plus contraignant, oui, je ne dis pas le contraire, mais c’est pour ça que c’est un choix. J’ai étudié les + et les – et, pour l’instant, je préfère tirer mon lait pendant la semaine et savoir que d’un autre côté, je peux sortir sans n’avoir presque rien à préparer (il faut quand même penser aux couches !) quand je suis avec mon enfant.

En savoir plus :

https://www.who.int/nutrition/topics/exclusive_breastfeeding/fr/

https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/allaiter-aujourd-hui-extraits

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L’allaitement

Quand E est né, je ne me suis même pas posé la question. L’allaiter me semblait l’option la plus naturelle. J’avais lu des livres et des articles sur l’allaitement et, à Gérone (Espagne), où nous habitions à l’époque la question ne se posait même pas. Le plus courant c’était d’allaiter et de le faire jusqu’à ce que l’enfant ait envie d’arrêter.

Les sages-femmes organisaient des cours de soutien pour l’allaitement et il y avait un grand réseau de mamans qui s’entraidaient. J’ai donc suivi la « tendance ».

Depuis le début, je m’étais dit que j’allaiterai mon fils jusqu’à ce qu’il ait ses dents… E a fait ses premières dents à 11 mois, comme s’il savait que s’il se pressait, on fermerait le robinet. Dans notre cas, c’est moi qui ai décidé que je ne voulais plus l’allaiter, mais nous avons essayé de faire la transition de la façon la plus douce et la plus respectueuse possible. Je l’ai donc allaité jusqu’à ses 13 mois. De ses 11 mois jusqu’aux 13 mois nous avons réduit progressivement les tétées jusqu’à arrêter complètement.

Ce que j’ai fait n’est ni la meilleure ni la pire des options. C’est juste mon choix. Cependant, ce qui dans notre environnement était « la norme » choquait en Bretagne (Je précise à Gérone et pas en Espagne car c’est l’environnement que nous avons connu, et en Bretagne et pas en France parce que je ne connais pas la situation dans tout l’hexagone).

Je savais déjà qu’il y avait certaines différences par rapport à l’allaitement entre la Bretagne et Gérone parce que nous avons des amies en France qui ont des enfants et qui n’ont pas allaité ou l’ont fait pendant une période très courte. Je ne critique pas le fait qu’elles n’aient pas allaité ; la décision d’allaiter est très personnelle, mais je veux mettre en évidence la différence culturelle existante. 

Quand nous sommes allés en France présenter notre petit bout de chou âgé de 3 mois, on me posait des questions et j’entendais des commentaires du style : « tu l’allaites encore ? ; et tu penses l’allaiter jusqu’à quand ? ; tu es courageuse, moi je ne pourrais pas le faire ; tu as de la chance, moi je n’avais pas assez de lait ; il a déjà eu assez, là c’est de la gourmandise… ». Et quand on se promenait à Gérone, les commentaires étaient plutôt dans l’autre sens : « tu l’allaites encore, non ? ; il a besoin du sein, il est encore petit ; tu vas tirer ton lait, non ? c’est tellement plus simple ! »

Concernant les questions de maternité, tout le monde aime bien s’en mêler et commenter, mais c’est vrai que les commentaires étaient très différents !

En 2016 nous avons déménagé en France, à Nantes, où j’ai eu mon deuxième enfant en février 2018. De nouveau, je ne me suis pas posé la question de l’allaitement. Mais là, j’étais dans un autre environnement et j’étais curieuse de voir les différences.

Pendant la grossesse, les sages-femmes me demandaient si j’allais allaiter mon enfant et si j’avais déjà allaité le premier et, souvent, je percevais une réaction de surprise quand je disais que j’avais allaité pendant 1 an, mais il faut dire qu’au CHU de Nantes, où j’ai accouché, les sages-femmes encourageaient toutes l’allaitement, ce qui changeait de l’idée préconçue que j’avais.

Cependant, maintenant que nous sommes au onzième mois d’allaitement, la différence entre les deux pays réapparaît et je trouve très peu de mamans qui allaitent leurs bébés au-delà des 3 ou 4 mois.

J’insiste, la décision de donner le sein ou le biberon est très personnelle et il n’y a pas une réponse correcte ou incorrecte. Mais, je me pose la question : est-ce que ces mamans qui ont décidé de ne pas (ou de ne plus) allaiter avaient toutes les informations pour choisir ? C’est pour ceci que j’aimerais partager ce que j’ai appris pendant l’allaitement pour que la décision soit prise sur des bases solides et pas sur des mythes ou de fausses idées sur l’allaitement.