recettes

Gâteaux aux fruits secs

Je viens de tester une nouvelle recette de gâteaux idéale pour les goûters. C’est une façon facile d’introduire les fruits secs et cela nous permet d’offrir un goûter énergétique, sain et sans sucres. Parfait pour la rentrée !

Ingrédients

  • 2 pommes
  • 100 grammes de flocons d’avoine
  • 1 bonne poignée de fruits secs (j’ai utilisé des noix de cajou, des noisettes et des noix)
  • 1 poignée de raisins secs
  • 2 petites cuillères de cannelle
  • 1 petite cuillère de levure chimique
  • 2 cuillères à soupe d’huile de coco

Ustensiles

  • Four
  • Bol
  • Mixeur/hachoir
  • Papier cuisson
  • Optionnel: récipient pour cuisson à vapeur au microondes.

Recette

  1. Préchauffez le four à 180 ºC.
  2. Épluchez les pommes, coupez-les en morceaux et cuisez-les à la vapeur. Moi je les ai cuites dans un récipient Lékue® au microondes pendant 3 minutes, mais vous pouvez utiliser une autre méthode de cuisson si vous le préférez.
  3. Pendant que les pommes cuisent, mixez les flocons d’avoine jusqu’à ce qu’ils aient une consistance farineuse (vous pouvez aussi remplacer les flocons d’avoine par de la farine d’avoine). Réservez.
  4. Mixez les fruits secs jusqu’à ce qu’ils soient en très petits morceaux.
  5. Mélangez les fruits secs avec la farine d’avoine.
  6. Ajoutez les raisins secs, la cannelle, l’huile de coco et la levure chimique et mélangez bien.
  7. Mixez les pommes cuites et ajoutez au mélange précédent.
  8. Aidez-vous d’une cuillère à soupe pour poser la pâte sur un papier en séparant légèrement chaque gâteau.
  9. Enfournez pendant environ 15 minutes. Vous devez obtenir une texture biscuitée comme pour les gâteaux avoine/banane.
DME/BLW

Le retour au travail

« Ma fille a 6 mois et demi. Je commence à travailler lundi et elle mange très peu, dois-je abandonner l’idée de la DME ? »

Aujourd’hui, j’ai reçu cette question. Les débuts de l’alimentation complémentaire sont lents et le retour de la maman au travail est souvent trop tôt et trop brusque. Ceci génère des inquiétudes : est-ce que mon bébé va être bien ? Est-ce qu’il va avoir assez à manger ? Est-ce qu’il aura assez de lait ? Et s’il ne prend pas le biberon ?

Le retour au travail est un moment critique. Il entraîne beaucoup de sentiments et suppose un changement du rythme. Peu importe la méthode que nous utilisons pour introduire l’alimentation complémentaire, le sujet de l’alimentation va provoquer des questions chez nous.

L’un des points les plus importants quand nous laissons notre bébé est la confiance. Il faut que nous nous sentions en confiance avec la personne qui va garder notre petit, que cette personne se sente en confiance avec la méthode d’alimentation et que nous fassions confiance au bébé.

Si votre nounou pratique la DME comme à la maison, c’est génial ! Mais si votre nounou ou la crèche ne pratiquent pas cette méthode, ce n’est pas grave. Vous pouvez leur expliquer comment vous faites à la maison et leur demander d’essayer de proposer les purées d’une façon plus participative. Par exemple en lui laissant attraper la cuillère. Si nous leur faisons confiance notre bébé mangera ce dont il a besoin.

« Mais elle mange vraiment très peu, elle ne va pas avoir de carences ? »

Il faut se rappeler qu’au départ, l’alimentation complémentaire est, comme son nom l’indique, complémentaire. L’aliment principal du bébé est encore le lait. Du moment où il a assez de lait, il n’aura pas de carences. Il commencera à manger petit à petit, après la phase de découverte. Il ne faut pas se décourager. Nous pouvons présenter un aliment jusqu’à 30 fois avant qu’il décide de le manger !

Donc non, le retour au travail ne doit pas être une raison pour abandonner la DME. Si vraiment nous voyons que vers les 8 mois le bébé n’a pas avancé, il faudra s’en soucier mais, généralement, après le premier mois de découverte, le bébé commence à manger un peu plus.

Parfois, le bébé ne prend pas le biberon de la journée et, dès que sa maman arrive, il s’accroche au sein ou il réclame le biberon. Si le bébé prend du poids, est actif et content, il n’y a pas de soucis ! Il a besoin d’un temps d’adaptation aussi ! Tout ce qu’il a connu pour l’instant c’est le lait et les bras de sa maman. Le retour au travail implique beaucoup de changements. Il y a des bébés qui s’adaptent très vite et d’autres qui ont besoin de plus de temps… Exactement  comme les adultes.

« S’ils lui donnent des purées, elle ne va pas vouloir des morceaux à la maison ! »

C’est vrai que la DME mixte peut être un peu plus compliquée parce qu’il faut que le bébé comprenne que la nourriture lui est présentée de deux façons différentes. Nous l’avons pratiquée avec notre deuxième enfant, parce qu’à la crèche ils donnent des purées mais à la maison on pratique la DME, et ça s’est très bien passé. Nous avions commencé la DME à la maison avant de débuter la crèche. Au début, à la crèche, il n’acceptait pas les purées. J’ai laissé les professionnelles lui présenter la nourriture de la façon dont elles se sentaient le plus à l’aise. Les seules demandes étaient de lui présenter le lait avant les purées et de ne pas insister s’il n’en voulait pas. De cette façon, s’il avait faim, je savais qu’il avait le lait au moins. Nous avons eu des journées où il n’a pas bu de lait, des journées où il n’a pas mangé de purée… Petit à petit, il a compris qu’à la crèche on l’aidait et qu’à la maison il se débrouillait tout seul. Maintenant, à 16 mois, il est capable de manger tout seul, avec les mains et même avec des couverts ! Mais nous avons encore des journées où il mange moins, des journées où il tête plus… De la même façon que nous, il y a des jours où nous avons plus faim que d’autres.

À nouveau, le plus important est d’être en confiance, et de lui faire confiance. Si nous respectons les nouveaux rythmes, il sera plus facile de s’y adapter.

La DME : en quoi elle change par rapport à la méthode « traditionnelle » ?

La DME ou diversification menée par l’enfant est l’introduction de l’alimentation sans passer par les purées, d’une façon ludique et participative. Vous avez un article plus détaillé ici. Si vous devez retourner au travail et que vous voulez pratiquer la DME, c’est tout à fait possible ! Vous pouvez le faire à la maison, quand vous serez avec votre petit, mais rappelez-vous que :

  • Il faut que le bébé soit bien assis. Il doit se tenir droit, soit dans sa chaise haute, soit sur les genoux d’un adulte. Il ne faut pas lui donner à manger si la position n’est pas correcte, de la même façon que nous généralement ne mangeons pas allongés ou semi-incorporés
  • Le bébé ne doit pas être fatigué. S’il est fatigué, il va vite en avoir marre. Tout ce qu’il voudra, c’est dormir.
  • Il ne doit pas avoir faim. Si vous voyez que votre bébé à faim, proposez-lui le sein ou le biberon. Ensuite, vous pouvez lui proposer un aliment. Mais s’il a faim et que vous lui proposez un aliment, il n’arrivera probablement pas à calmer sa faim assez vite et il va se frustrer et s’énerver. Petit à petit, il réduira les quantités de lait et il ne mangera plus.
  • Laissez-lui suivre son rythme. N’introduisez pas des morceaux dans sa bouche. Ça peut être dangereux. S’il a faim, il mangera

Si la/les personne/s qui vont s’occuper de votre petit ne pratiquent pas la DME mais sont intéressées pour le faire, montrez-leur comment vous faites à la maison. N’hésitez pas à leur montrer des vidéos et à leur donner toutes les consignes nécessaires et surtout, faites confiance . Si vous voulez plus d’infos sur la DME, n’hésitez pas à lire cet article. Si vous voulez d’autres informations ou suivre un atelier (en ligne ou présentiel) n’hésitez pas à me contacter !

DME/BLW

« Puis-je lui offrir un bonbon ? »

Nous avons toujours suivi une alimentation plus ou moins saine et plus ou moins équilibrée, mais je n’étais pas totalement consciente des effets du sucre jusqu’à ce que je commence à m’intéresser vraiment à l’alimentation. Depuis, l’un de mes objectifs à la maison est de contrôler et de réduire la consommation de sucre et j’essaie de trouver des ingrédients pour le remplacer.

Le sucre est un aliment « vide ». Il n’apporte rien ou, du moins, rien de bon parce qu’il apporte quand même des calories et des caries à plus ou moins long terme. Et pourtant, il est partout. Mais, pourquoi ?

« Sans sucre, c’est fade ! ça n’a pas de goût ! »

Voilà ce qu’ils nous ont fait croire. S’il n’y a pas de sucre, ce n’est pas bon. Et nous-mêmes transmettons cette idée (parfois même sans nous en rendre compte) à nos enfants depuis leur plus jeune âge. « Mon fils, il n’aimait pas les fraises. Mais, depuis que je lui mets un peu de sucre/de chantilly, il les dévore !»  « S’il ne boit pas son lait, vous pouvez rajouter du chocolat en poudre »…

Nous avons une prédisposition naturelle pour les aliments sucrés. Du coup, il n’y a pas besoin d’habituer le palais au goût sucré. Le lait (maternel ou les préparations pour nourrissons) a déjà un goût naturellement sucré. À partir des 6 mois, quand notre bébé commence à manger, il ne connait que ça. Et, par habitude, il ira chercher de préférence les aliments qui ont le goût le plus doux : les bananes, les poires, les carottes…

Mais, il arrive un âge (souvent trop tôt) où l’enfant commence à manger des bonbons, des gâteaux, des viennoiseries… Et, tout d’un coup, il préfère les gâteaux aux fruits qu’il mangeait si bien…Et plus il en mange, plus il en a envie. Et comme il mange bien, nous continuons à lui en donner.

Combien de fois, nous, les adultes, nous nous disons « allez, je mange un dernier bonbon et c’est bon…”,  “Ce n’est pas raisonnable ». Mais les enfants ne savent pas ce que c’est que « d’être raisonnable ». Tout ce qu’ils savent, c’est que c’est bon. Très bon même. Bien meilleur que ce qu’ils avaient goûté avant. Pourtant, l’ingestion de sucres depuis l’enfance a des conséquences très négatives pour nos enfants. Le sucre augmente la possibilité de souffrir de maladies cardiovasculaires et d’obésité, entre autres.

« Puis-je lui offrir un bonbon ? »

Les enfants d’aujourd’hui mangent une quantité de sucre beaucoup trop élevée. Nous savons qu’il n’est pas bon pour la santé et pourtant, il est souvent présenté comme un prix, une surprise ou un cadeau. Combien de fois on vous a demandé « Puis-je lui offrir un bonbon ? », « Est-ce qu’il aime les chouquettes ? »

L’éducation sur l’alimentation (et l’éducation tout court) commence à la maison mais il est important qu’elle soit en adéquation avec notre entourage. Et, ce n’est pas le cas. Si nous observons par exemple les menus de la cantine scolaire, lieu qui devrait être un exemple de nourriture saine, nous constatons qu’il y a quelque chose qui cloche. Par exemple, le dessert du menu du mardi est un « gâteau au chocolat vendéen ». On peut se dire que c’est seulement un jour, qu’ils fêtent peut-être quelque chose… Mais, le lundi suivant, c’une « crème dessert caramel » qui est prévue, et un « yaourt vanille » le mardi… Et pourtant, nous sommes au mois de juin : une saison où il y a PLEIN de fruits à proposer en dessert ! Mon fils m’a avoué qu’ils mangent souvent des fraises, comme à la maison ! Mais avec de la chantilly ! Alors que quand nous achetons des fraises au marché, la barquette arrive presque toujours vide à la maison sans pour autant n’avoir rien ajouté pour « améliorer » (ou plutôt, altérer) leur goût. Peut-être qu’ en rajoutant de la chantilly à la cantine, plus d’enfants mangent les fraises. Certes, mais l’objectif n’est pas qu’ils mangent PLUS mais qu’ils mangent BIEN. Le sucre est déjà présent dans beaucoup de plats préparés. Si nous rajoutons en plus des desserts sucrés, on dépasse largement les recommandations de l’OMS par rapport à la consommation de sucre.

Il est tout à fait possible de trouver des options sans sucres. Cuisiner des gâteaux avec des fruits (de la pomme, de la banane ou des dates) donne du goût à vos plats et c’est une option beaucoup plus saine. Il faut changer les habitudes, trouver de nouvelles recettes (je vous en rajouterai ici très vite !), réhabituer notre palais… Mais ça vaut vraiment le coup, pour leur santé et pour la nôtre.
En savoir plus :

https://www.who.int/mediacentre/news/releases/2015/sugar-guideline/fr/

https://www.who.int/nutrition/publications/guidelines/sugar_intake_information_note_fr.pdf?ua=1

https://www.sucre-info.com/mediatheque/sucres-naturellement-presents-sucres-ajoutes-sucres-libres-quest-ce-que-cest-2/

https://www.youtube.com/watch?v=4SNgMFpOZpc)

http:// https://www.imagotv.fr/php/movie.php?type_id=documentary&content_id=de_la_drogue_dans_nos_assiettes

allaitement

Du lait de vache ou du lait de croissance : telle est la question

Cela fait quelques mois que je me pose la question suivante : comment allons-nous faire la transition de l’allaitement au lait de vache ou au lait de croissance le jour où nous arrêterons l’allaitement ?

Il y a 3 ans, quand j’ai commencé à sevrer E (à 13 mois), j’ai fait la transition du sein au biberon avec du lait de vache sur les conseils de notre infirmière pédiatrique.

Mais pourquoi je me pose la question maintenant ? Parce que cette fois-ci, plusieurs personnes m’ont conseillée de passer plutôt au lait de croissance. Mais, qu’est-ce que le lait de croissance ? Quelle est la différence entre le lait de vache et le lait de croissance ? Et pourquoi choisir l’un plutôt que l’autre ? Voici le résultat de mes enquêtes pour donner réponse à ma question.

Le lait de croissance est une préparation à base de lait de vache enrichie principalement avec du fer et d’autres vitamines. Donc, à priori, le produit semble être correct.

Voyons les détails…

On part de la base que le seul lait adapté au nourrisson pendant ses 6 premiers mois de vie est le lait maternel ou les préparations adaptés pour nourrissons s’il n’est pas allaité. À partir des 6 mois, on commence à diversifier avec d’autres aliments mais le lait maternel (ou la préparation correspondante) continue à être l’aliment principal du nourrisson jusqu’aux 12 mois.

À mesure que notre enfant grandit, ses besoins changent. Nous pouvons (et l’OMS conseille de le faire) continuer à allaiter notre enfant jusqu’à ses 2 ans et même au-delà. Mais s’il arrête d’allaiter avant (par son choix, ou celui de la maman) ou s’il est nourri au biberon, quel lait choisir ?

Le PNNS (Programme National Nutrition Santé) recommande le lait de croissance plutôt que le lait de vache car il serait plus adapté aux besoins de l’enfant. Mais, plein d’autres organismes comme l’EFSA (European Food Safety Authority), l’EPSGHAN (European Society for Paediatric Gastroenterology Hepatology and Nutrition), l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l’AAP (American Academy of Pediatrics) ou l’UNICEF considèrent que le lait de croissance n’est pas nécessaire et qu’il n’a pas été prouvé qu’il soit plus adapté que le lait de vache pour les enfants à partir d’1 an.

Selon les études faites par ces institutions, à partir des 12 mois, on pourrait passer sans problème au lait de vache. Le seul inconvénient est que le taux de fer présent dans le lait de vache est très faible, et ceci peut entrainer un manque de fer pour les enfants qui ne suivent pas une alimentation équilibrée. Cette affirmation est importante, car c’est ici que le marché voit une opportunité pour agir. Comme parents, nous essayons de donner ce qu’il y a de mieux à notre enfant et si on nous présente un produit riche en vitamines, en fer et en calcium, on l’adopte facilement.

Mais, heureusement, aujourd’hui, dans notre société, la plupart des enfants ont une alimentation qui leur permet de couvrir ce manque. Les laits de croissance pourraient donc être adaptés dans certaines situations où les enfants n’ont pas accès à une alimentation complémentaire assez riche et variée. Malheureusement, le coût moyen du lait de croissance est plus élevé que celui du lait de vache. Donc, si une famille a des difficultés financières, il vaudrait mieux investir moins dans du lait de croissance pour pouvoir privilégier d’autres aliments.

Qu’est-ce qu’apporte le lait de croissance ?

Le lait de croissance est vendu comme source de vitamines et de minéraux. Mais ceux-ci peuvent s’acquérir au travers des fruits, des légumes, des céréales, de la viande, du poisson… C’est-à-dire au travers des produits qui composent l’alimentation de nos enfants.

En outre, comme il n’y a pas une normative spécifique pour la composition du lait de croissance, les laits de ce type qu’on trouve sur le marché (dans les rayons des supermarchés ou pharmacies) sont très différents les uns des autres, ce qui peut causer confusion aux parents ; et la plupart du temps, aux vitamines et minéraux s’ajoutent des sucres, des additifs, du sel…

Il faut donc faire très attention à la liste d’ingrédients. On ne va pas voir maintenant comment lire les étiquettes (je vous en parlerai dans un autre article), mais pour rendre les choses faciles : moins il y a d’ingrédients, plus fiable et plus naturel sera le produit.

J’ai donc comparé les ingrédients et valeurs nutritionnelles de deux produits commercialisés par une même marque : du lait de vache entier et du lait de croissance:

Comme je l’ai dit précédemment, je ne vais pas détailler maintenant comment lire les étiquettes mais, la différence tant au niveau de la liste qu’au nombre d’ingrédients entre les deux types de laits est évidente. Et, je vous laisse vous faire votre propre avis mais, de mon côté, certaines choses me choquent dans cette liste.

D’un côté le produit est présenté comme adapté à partir des 10 mois alors que jusqu’à maintenant on parlait de produits adaptés à partir des 12 mois. D’un autre, à la fin de la liste est indiqué « sans arôme vanille ». Comme on l’a déjà vu, il n’y a pas une normative stricte pour ces laits. Donc, les ingrédients peuvent varier, et il existe plusieurs marques qui ajoutent un arôme vanillé à leur produit pour cacher le goût ferreux que celui-ci pourrait avoir (dû à l’ajout de fer). Cet arôme vanille s’obtient normalement avec l’addition d’autres ingrédients dont le sucre… En outre, le goût vanillé (plus sucré) peut faire que l’enfant refuse le goût du lait de vache et qu’il ait également dans le futur une tendance à rechercher et préférer des produits vanillés (généralement sucrés et moins naturels).

Après la déclaration « sans arôme vanille », nous trouvons la mention « sans sucres ajoutés ». Mais, si on consulte la liste des ingrédients, on retrouve des « maltodextrines » ! Mais, quel est cet ingrédient au nom si particulier ? En quelques clics sur internet et en consultant Wikipédia par exemple, on peut lire : « Une maltodextrine est le résultat de l’hydrolyse d’un amidon (blé, maïs) ou d’une fécule (pomme de terre). Elle est donc constituée de différents sucres (glucose, maltose, maltotriose, oligosides et polyosides) directement issus de cette réaction, dans des proportions qui dépendent du degré de l’hydrolyse….»…. Bingo ! Le sucre est donc caché sous des termes et ingrédients aux noms peu évocateurs ! Mais, il est bien présent…

De même, si on regarde les valeurs nutritionnelles, on peut voir que ce produit apporte aussi 35 mg de sel pour 100 ml. Ça n’est pas excessif, mais c’est totalement inutile et s’ajoute aux autres aliments salés que le bébé mangera pendant la journée, augmentant ainsi le risque qu’il consomme trop de sel par jour.

Donc voilà, maintenant, je ne me pose plus la question. ☺️ Pour l’instant, nous continuons l’allaitement. Le jour venu, nous passerons directement au lait de vache (ou éventuellement au lait de chèvre, brebis…) et, afin d’éviter qu’il ait des carences vitaminiques et minérales, je ferais de mon mieux pour que G reçoive une alimentation suffisamment variée.

En savoir plus :

https://www.lllfrance.org/vous-informer/promotion-et-protection-de-l-allaitement/1683-loms-declare-les-qlaits-de-croissanceq-ne-sont-pas-necessaires

http://www.carevox.fr/enfants-ados/article/pour-une-decroissance-des-laits-de

http://info.babymilkaction.org/sites/info.babymilkaction.org/files/altroconsumo09laitsFRENCH2.pdf

https://www.who.int/nutrition/topics/WHO_brief_fufandcode_post_17July.pdf

https://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/131025

DME/BLW

6 mois : ça y est on commence !

La DME, quelques conseils pour commencer.

Dans le dernier article je disais qu’il était préférable d’attendre que notre bébé ait 6 mois avant de commencer l’alimentation complémentaire. Mais les bébés ne sont pas tous les mêmes. Notre enfant n’est pas programmé pour commencer à « manger » le jour de ses 6 mois. Pour pouvoir commencer l’alimentation complémentaire avec la diversification menée par l’enfant (DME), le bébé doit remplir les trois critères suivants :

  • Se tenir assis. Ceci ne veut pas dire qu’il soit capable d’acquérir la position assise tout seul, mais qu’il reste assis confortablement sur la chaise haute, sans tomber ni glisser vers les côtés ou vers l’avant.
  • Démontrer de l’intérêt envers les aliments.
  • Être capable de porter seul les aliments de la main vers la bouche.

S’il réunit ces trois conditions, votre bébé est prêt pour commencer à manger. Mais, attention, ceci ne veut pas dire qu’il va vraiment manger. L’introduction de l’alimentation complémentaire est un processus lent et l’aliment principal de votre bébé reste le lait (maternel ou artificiel).

Qu’est-ce que la DME ?

La diversification menée par l’enfant, aussi connue sous l’acronyme DME, diversification autonome ou BLW, par son nom en anglais Baby Lead Weaning, est une façon de proposer les aliments aux enfants sans passer par les purées ou les compotes. Il s’agit de proposer les aliments en morceaux et de laisser l’enfant découvrir et expérimenter la nourriture.

Contrairement à ce qu’on a toujours dit « on ne joue pas avec la nourriture » : au début, il faut prendre l’alimentation comme un jeu. La vie des parents est pleine de contradictions…

Il nous faut aussi oublier l’image du parent qui nourrit l’enfant. L’idée est que le moment du repas soit un moment de partage en famille. C’est pourquoi il est important de manger la même chose (plus ou moins) et en même temps. Les bébés apprennent beaucoup par imitation. Donc, notre bébé va nous imiter et va manger comme nous, avec nous. Au départ, il aura des difficultés et la majeure partie des aliments finira par terre, ou écrasé sur la table. (Si vous avez un chien ou un chat, celui-ci attendra avec envie au pied de la chaise haute). Petit à petit, votre bébé va perfectionner son adresse jusqu’à être capable de manger plus ou moins proprement, d’abord avec les mains, et ensuite avec les couverts.

De quoi ai-je besoin pour commencer ?

  • Un bébé qui remplit les trois conditions indiquées ci-dessus.
  • Une chaise haute. (même s’il peut aussi manger sur vos genoux) ➡ l’idéal est que la chaise soit le plus près possible de la table. (La nôtre n’a pas de plateau, il mange directement sur notre table). Si la chaise a un plateau, l’idéal est que les bords soient un peu surélevés, car ils serviront de limite pour le bébé.
  • Une serpillère ou une toile cirée à mettre par terre ➡ car, au départ, il y a beaucoup de « pertes »…
  • Beaucoup de patience ➡ surtout quand vous introduirez la semoule ou le riz (mais je ne souhaite pas vous décourager !)

Je n’ai pas besoin d’assiette ? Ni de couverts ?

S’il n’a pas un plateau avec des bords pour délimiter son espace, vous pouvez utiliser une assiette aux bords surélevés. Mais vous pouvez aussi lui présenter les aliments sur la table. Nous avons introduit l’assiette un peu plus tard et nous venons d’introduire les couverts maintenant (1 an).

OK, j’ai tout ce qu’il faut. Et maintenant, comment je fais ?

Bon, maintenant, on mange.😊 Comme je l’ai indiqué, l’introduction des aliments est progressive. Donc au départ ce sera difficile de partager les mêmes plats ( mais ça viendra).

À partir des 6 mois, on peut introduire les aliments dans n’importe quel ordre. Il n’y a pas de contre-indications. Même si auparavant les pédiatres (ou autres professionnels de la santé) avaient une liste d’aliments qu’on pouvait introduire à 6 mois, d’autres pas avant 8 mois… ce n’est plus le cas. On peut donner n’importe quel aliment* mais il faut que le format soit adapté (il y a une petite liste d’exceptions que je mentionnerai tout à l’heure).

Et comment savoir si je peux donner un aliment à mon bébé ou pas ?

L’un des aspects les plus importants pour commencer l’alimentation complémentaire est de présenter les aliments sous un format facile et adapté à notre enfant.

La forme : Vous avez sûrement vu des photos d’assiettes pour enfants avec des aliments coupés en forme de bâtonnets. Cette forme est l’une des plus faciles pour eux à appréhender (mais pas la seule). Au départ, ils ont du mal à attraper des choses trop petites, donc il vaut mieux que les morceaux soient assez grands. Les bâtonnets sont une bonne idée car ils peuvent les attraper et un morceau dépasse de leur petit poing. C’est cette partie qui dépasse qu’ils vont amener à la bouche, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils peuvent aussi ouvrir la main pour mettre le reste dans la bouche. Mais au départ, c’est fort probable qu’ils n’osent plus ouvrir la main une fois qu’ils ont attrapé un morceau 😊. Si vous lui donnez un aliment qui a tendance à glisser, comme de la poire, ou de la banane, laissez un bout de peau. Celui-ci permettra de l’attraper sans qu’il ne lui échappe des mains tout le temps. Ne vous inquiétez pas s’ils la mettent dans la bouche, ils sauront la cracher d’eux-mêmes.

La texture : Pour savoir si un aliment est adapté pour notre enfant, il suffit de le prendre entre nos doigts et d’appliquer une petite pression. Si l’aliment s’écrase, il est bon. Si l’aliment est éjecté (vers l’avant ou l’arrière), ce n’est pas un aliment sûr. La pression qu’on applique avec les doigts est l’équivalent de la pression qu’ils vont appliquer avec leurs mâchoires. Si l’aliment s’écrase, c’est ce qui se passera dans leur bouche. Si l’aliment est éjecté, c’est ce qui risque d’arriver aussi pour eux, et l’aliment pourrait ainsi rester coincé dans la gorge ; mieux vaut éviter des soucis.

La quantité : Au départ, l’enfant va manger très peu. Avoir beaucoup de choix sur l’assiette ne fera pas qu’il mange plus. Pour nous, ce qui marche le mieux est de mettre 2 ou 3 morceaux, puis d’en rajouter au fur et à mesure qu’il les mange.

Donc, pour simplifier : on va commencer par leur offrir des morceaux mous, assez grands et en petite quantité.

Dans quel ordre et à quel rythme faut-il introduire les aliments ?

Cela va beaucoup varier selon la saison. On peut commencer par une carotte cuite, un morceau de brocoli ou de chou-fleur, une banane, une poire mûre, un bout de melon…

En ce qui nous concerne, pour nos deux enfants, nous avons commencé par des fruits : de la banane pour l’un et de la pêche plate pour l’autre, mais nous aurions pu commencer par n’importe quel autre aliment.

Pour ce qui est de l’intervalle entre les introductions de deux aliments différents, il y a deux écoles : celle qui conseille de respecter un temps d’introduction, et celle qui dit que ce n’est pas nécessaire. Le but de respecter un temps d’introduction de 2-3 jours entre les aliments est d’observer si notre enfant présente une réaction allergique à un aliment. Si on lui donne un morceau de banane le matin, de la carotte à midi et de la pomme de terre le soir, et que le lendemain on observe une réaction allergique, il y a trois candidats possibles de provoquer cette réaction. Mais si nous lui donnons de la banane pendant 2 jours, que tout va bien, puis de la carotte et qu’une réaction apparaît le troisième soir, l’origine de la réaction (si c’est une allergie alimentaire) sera sûrement la carotte. Cependant, les réactions ne sont pas forcément toujours des allergies alimentaires. De plus, il est assez rare qu’un enfant présente une allergie alimentaire, à moins d’avoir des antécédents allergiques dans la famille. Dans notre cas, nous avons introduit les aliments un par un. Nous avons presque toujours respecté la règle de 2-3 jours, car ça nous rassurait, mais ce n’est pas obligatoire. Ceci dit, nous n’allons pas introduire dix aliments par jour non plus, il vaut mieux y aller petit à petit.

Quel est le meilleur moment pour commencer (matin, midi, soir…) ?

N’importe quel moment est bon pour commencer. L’idéal est que vous soyez à table aussi. Donc si vous ne vous attablez pas ensemble pour le petit-déjeuner, le repas de midi peut être plus adapté. Je préfère introduire les aliments le midi que le soir, car en cas de réaction allergique (ça ne m’est jamais arrivé), c’est plus simple pour aller chez le médecin.

Le moment du repas est très long pour le petit et lui demande beaucoup d’attention, surtout quand il commence. Il est donc recommandé :

  • Qu’il n’ait pas vraiment faim, car il va jouer et découvrir les aliments, mais ça ne va pas le caler. Donc il vaut mieux l’asseoir à table après avoir tété ou pris le biberon, ou à n’importe quel moment où il n’a pas très faim.
  • Qu’il ne soit pas fatigué. Le moment du repas va lui demander beaucoup de concentration et le fatiguer. S’il est fatigué, il risque de s’énerver très vite. Si vous voyez qu’il commence à montrer des signes de fatigue ce n’est pas le moment de passer à table.

Par exemple, si vous décidez de commencer par un fruit, vous pouvez attendre le moment du dessert et manger un fruit avec lui. De cette , il verra que vous mangez des fruits aussi et il sera forcément intéressé parce que vous mangez la même chose que lui. Tout est toujours meilleur ailleurs ; il est très probable que votre poire l’intéresse bien plus que la sienne, même si c’est la même chose.

Lesquels sont les aliments déconseillés (avant les 12 mois)?

  • Le sel, qui fait trop travailler leur système digestif, surtout leurs reins. Et, en plus, il change le vrai goût des aliments et ne leur apporte rien.
  • Le sucre et les aliments superflus (bonbons, viennoiseries, chocolat, gâteaux…) déconseillés avant les 12 mois et, si possible, à proposer le plus tard possible et seulement de façons occasionnelles. Attention avec le sucre caché ❗ il y a plein d’aliments pour enfants qui contiennent beaucoup de sucre et qui devraient être évités.
  • Le miel. Le miel est du sucre principalement et peut, en plus, contenir une spore qui provoquerait le botulisme.
  • Les très gros poissons, comme le thon ou l’espadon, car ils contiennent une quantité de mercure assez élevée. On doit éviter aussi le poisson pas assez cuisiné ou cru (donc pas de sushi pour les tout petits).
  • L’œuf pas assez cuisiné (par exemple œuf à la coque ou au plat) jusqu’aux 3 ans. Il vaut mieux que l’œuf soit bien cuit, soit dur, soit en omelette…
  • La viande de chasse, car elle  peut présenter des traces de plomb.
  • Des légumes de feuille verte (salade, blette, épinards…) à cause de leur contenu élevé en nitrites.
  • Les boissons de riz ou les galettes de riz soufflé parce qu’elles contiennent beaucoup d’arsénique
  • Les aliments ronds  comme, par exemple les cerises ou les tomates cerises (on peut les donner mais coupés en morceaux).
  • Les aliments trop durs, comme la carotte crue ou la pomme
  • Les fruits secs entiers (on peut les présenter mixés dans une autre préparation).

Mais j’ai toujours peur qu’il s’étouffe !

Oui, c’est normal d’avoir peur. Peur qu’il s’étouffe, peur qu’il tombe… Quand on devient parents on a peur de tout. Mais rassurez-vous, la DME n’augmente pas le risque d’étouffement. Il est beaucoup plus courant de s’étouffer avec un jouet non adapté à l’âge qu’avec de la nourriture. En plus, si les aliments sont présentés correctement, il ne devrait pas y avoir de problème. Il est plus fréquent qu’un enfant qui a mangé des purées s’étouffe quand on passe aux morceaux qu’un enfant qui a pratiqué la DME. Car avec la DME le bébé apprend d’abord à mâcher, et ensuite à avaler contrairement avec les purées avec lesquelles le bébé apprend qu’il peut avaler sans mâcher. Et quand on lui présente les morceaux, il ne sait pas trop comment faire. Il fera des grimaces, des expressions bizarres… Mais c’est normal, il commence pour la première fois à manger quelque chose autre que le lait. Ne paniquez pas et laissez-le gérer la situation (à moins que ça soit une situation dangereuse mais je vous assure, c’est assez rare). Il est important que l’on se sente en sécurité. Ne lui donnez pas des aliments qui vous font peur. Attendez qu’il soit plus grand, qu’il sache mieux gérer. Si vous vous sentez en confiance vous lui transmettrez ce sentiment.

Laissez le découvrir à son rythme. S’il n’y arrive pas le premier jour, il y arrivera le deuxième ou le troisième. Vous serez surpris par les astuces qu’ils mettent en œuvre pour arriver à leurs fins.

Voilà une liste qui a pour but de répondre à de possibles questions avant de commencer l’alimentation complémentaire. Vous en aurez sûrement d’autres ! N’hésitez pas à me les envoyer et je les ajouterai au fur et à mesure. J’espère que cet article pourra vous servir de guide pour commencer.

recettes

Gâteaux banane/avoine

Ingrédients

  • 1 banane assez mûre
  • 1 tasse de flocons d’avoine (50 g environ)

Ustensiles

  • Four
  • Bol
  • Fourchette
  • Papier cuisson

Recette

  1. Écrasez la banane dans un bol à l’aide d’une fourchette.
  2. Ajoutez les flocons d’avoine et mélangez jusqu’à ce que vous ayez une pâte homogène.
  3. Préchauffez le four à 180 ºC
  4. Versez la pâte sur un papier cuisson et divisez-la en bâtonnets à l’aide de votre fourchette.
  5. Enfournez pendant 5-10 minutes (jusqu’à ce qu’ils dorent légèrement). La texture doit être « molle », pas craquante, pour qu’ils soient faciles à gérer par vos petits.
  6. Laissez refroidir
  7. Dégustez !

Les gâteaux tiennent pendant 3 jours environ dans un récipient fermé. Vous pouvez faire une quantité plus importante mais de mon côté, je préfère en faire peu et plus souvent.

Une fois que vous aurez introduit d’autres aliments vous pourrez « enrichir » la recette. Normalement, j’ajoute au mélange de la cannelle en poudre (ajouter les épices comme un nouvel ingrédient) et de la pomme rappée. Si on ajoute des fruits (pomme, poire…), on devra doser la quantité d’avoine en fonction (pour obtenir une pâte homogène).

allaitement

Les fameux 4 mois

Ce Noël, lors d’un repas familial, une jeune maman m’a dit que le pédiatre lui avait donné les consignes pour commencer l’alimentation complémentaire…à 4 mois. Ça m’a vraiment surprise. Il y a des années, on conseillait encore de commencer avec certaines céréales ou des petits pots de fruits à 4 mois. L’incorporation de la femme au travail et (surtout) l’industrie alimentaire infantile ont renforcé cette situation. Mais il y a presque vingt ans, en 2001, l’OMS à publié un document qui conseillait « l’alimentation au sein exclusive pendant 6 mois puis l’introduction d’aliments complémentaires et la poursuite de l’allaitement ». Depuis, plusieurs documents ont été publiés et d’autres organismes de pédiatrie et nutrition ont validé le conseil de prolonger l’allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois.

C’est vrai qu’avec le premier enfant, on a envie de découvrir de nouvelles choses, de passer aux étapes suivantes… On attend avec impatience qu’il commence à faire de nouveaux sons, qu’il se découvre les pieds, qu’il commence à grimper… Et évidemment, nous avons envie qu’il commence à « manger ». Nous avons tous vu des films où les papas et mamans font l’avion avec la cuillère, désespérés devant un bébé qui n’ouvre pas la bouche dans une cuisine pleine d’éclaboussures de purée de fruits. Et nous attendons ce moment, cette nouvelle étape, pour la découvrir avec envie. Mais il vaut mieux ne pas se presser et profiter des instants présents de votre bébé, qui grandira bien assez vite.

Actuellement, plusieurs études ont prouvé que l’introduction de l’alimentation complémentaire dès 4 mois n’apporte pas de bénéfices, ni d’un point de vue médical, ni d’un point de vue nutritionnel car, le lait maternel couvre les besoins nutritionnels de l’enfant jusqu’à ses 6 mois. En outre, les systèmes digestif, rénal et neurologique du bébé sont très immatures à la naissance et ne commencent à être prêts pour recevoir un aliment autre que le lait qu’autour des 6 mois. Ces conseils s’appliquent aussi pour les bébés nourris au biberon avec des laits maternisés qui ne devraient recevoir aucun aliment (autre que le lait) jusqu’aux 6 mois environ.

Est-ce que cela veut dire que le jour de ses 6 mois, mon bébé va commencer à manger de la nourriture solide ? Non, nous ne sommes pas tous pareils. Il y a des enfants qui seront prêts à 6 mois, d’autres un peu avant, d’autres encore qui ne seront pas intéressés du tout par les aliments solides jusqu’aux 7 mois… Et, en plus, la transition entre l’allaitement (ou le lait maternisé) et l’alimentation complémentaire est très progressive. C’est justement pour celà qu’on l’appelle « complémentaire » parce que, pendant les premiers mois (voir années), l’alimentation solide n’est qu’un complément de l’aliment principal du nourrisson : le lait.

Et alors, pourquoi trouve-t-on au supermarché des produits « adaptés à partir de 4 mois » ? Comme je l’ai mentionné au début de l’article, il y a des années, l’incorporation de la femme au travail (entre autres) a provoqué qu’on fasse garder les bébés plus tôt et a réduit notablement les taux d’allaitement. Les produits alimentaires pour les nourrissons se sont multipliés. En 1981, un code international pour la commercialisation des substituts du lait maternel a été créé. Depuis, l’Assemblée Mondiale de la Santé a adopté plusieurs résolutions sur la commercialisation et la distribution des substituts du lait maternel en précisant ou en développant certains points abordés dans le Code. En 2016, l’Assemblée Mondiale de la Santé a rédigé un guide afin de « mettre un terme aux formes inappropriées de promotion des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants ». Dans ce document ils réaffirment « la nécessité de promouvoir la pratique de l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie et la poursuite de celui-ci jusqu’à l’âge de deux ans au moins ». Ils appellent également les « fabricants et les distributeurs d’aliments pour nourrissons et jeunes enfants à mettre fin à toutes les formes inappropriées de promotion » et les professionnels de la santé à appliquer ces recommandations.

Même si, avec le temps, des changements et améliorations sont apparus progressivement, on peut constater qu’il reste beaucoup à faire. Il y a encore des marques qui commercialisent leurs produits à partir de 4 mois et des médecins qui conseillent d’introduire l’alimentation complémentaire à cet âge.

Donc, en somme, pas besoin de se presser. Si votre bébé a 4 mois, vous avez encore environ deux mois pour profiter de l’allaitement (ou du biberon) et pouvoir vous renseigner sur la meilleure manière de commencer l’alimentation complémentaire.

En savoir plus:

http://apps.who.int/gb/archive/pdf_files/WHA54/fa54id4.pdf?ua=1&ua=1

https://www.who.int/nutrition/publications/code_english.pdf

https://www.who.int/nutrition/topics/infantfeeding_recommendation/fr/

https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/272649/9789241565592-eng.pdf?ua=1

http://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA69/A69_R9-fr.pdf?ua=1

https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/275411/WHO-NMH-NHD-17.1-fre.pdf?ua=1

https://www.who.int/nutrition/topics/exclusive_breastfeeding/fr/

https://www.who.int/features/qa/21/fr/

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32013R0609&from=FR

https://www.unicef.org/french/nutrition/index_breastfeeding.html

https://www.lllfrance.org/professionnels/etudes-recentes/1944-faut-il-commencer-la-diversification-des-4-mois

https://www.lllfrance.org/vous-informer/promotion-et-protection-de-l-allaitement/940-code-commercialisation-lait-artificiel-commente

http://albalactanciamaterna.org/lactancia/tema-4-cuando-los-ninos-crecen/los-alimentos-complementarios/

allaitement

11 mois d’allaitement. Les + et les –


« Il en a eu assez ! Là, c’est de la gourmandise. »

Passés les 2 ou 3 premiers mois pendant lesquels l’allaitement est plus généralisé, on peut entendre des phrases comme celle-ci : « Il en a eu assez ! Là, c’est de la gourmandise ; il va falloir que tu commences à te décider, il va falloir arrêter à un moment donné. ».

Mais, s’il en a eu assez, pourquoi passe-t-on du lait maternel au lait en poudre ou au lait de vache ? S’il en a eu assez, s’il faut arrêter, on devrait arrêter de lui donner du lait, non ? Mais tout le monde nous dit que le lait est important pour les enfants… Il y a quelque chose qui cloche, là.

Selon les recommandations de l’OMS : « l’allaitement exclusif au sein pendant les 6 premiers mois est le mode d’alimentation optimal pour le nourrisson. Par la suite, les bébés doivent recevoir des aliments complémentaires en plus de l’allaitement maternel qui doit se poursuivre jusqu’à l’âge de 2 ans ou au-delà. » Donc, on peut considérer que jusqu’aux 2 ans « ou au-delà », ce n’est pas « de la gourmandise », c’est qu’il a besoin de lait (maternel ou pas).

Que l’on soit à l’aise ou pas avec l’allaitement prolongé est une autre question. Moi‑même, je n’ai allaité mon premier enfant « que » jusqu’à ses 13 mois parce que je ne me sentais plus à l’aise, mais ceci ne veut pas dire qu’il n’avait plus besoin de lait ; nous avons remplacé le lait maternel par un autre type de lait. À n’importe quel moment, si on décide d’arrêter l’allaitement, on peut faire une transition respectueuse vers le lait artificiel, le lait de croissance ou le lait entier de vache (selon l’âge de l’enfant, j’en parlerai dans un autre article). Mais il est important de savoir qu’on le fait parce qu’on a pris la décision de le faire, et pas « parce qu’il a eu assez de lait, parce que ce n’est pas bon d’allaiter si longtemps, que le lait n’est plus nourrissant », ou plein d’autres mythes.

L’allaitement n’est pas un long fleuve tranquille. Rien n’est tout noir ou tout blanc. Il a ses contraintes de la même façon que le biberon a les siennes.

Pour moi il y a plusieurs points qui font pencher la balance vers l’allaitement:

  • c’est naturel ;
  • c’est toujours prêt, pas besoin de préparer, réchauffer, etc.
  • ça réduit le coût et les déchets (pas de pots de lait en poudre) ;
  • ça permet de créer un lien spécial avec le bébé (ceci ne veut pas dire que les mamans qui n’allaitent pas n’ont pas un lien avec leur bébé, mais elles n’ont pas celui‑ci).

Mais comme je l’ai dit, tout n’est pas noir ou blanc, il existe aussi des contraintes:

  • c’est toujours maman qui s’en occupe (évidemment !)
  • si on continue l’allaitement quand on fait garder l’enfant, il est fort possible qu’il soit nécessaire de tirer son lait.

Il faut que j’avoue que parfois j’aimerais bien ne pas avoir à me lever la nuit, mais tout de suite je pense que ce serait encore plus fatigant de devoir se lever pour préparer un biberon, et les bébés ont besoin de plein d’attentions auxquelles le papa peut participer, comme changer une couche bien pleine 😀

Par rapport à l’extraction du lait maternel, même si ce n’est pas mon activité préférée, je préfère pouvoir continuer de donner mon lait à mon enfant même quand je ne suis pas avec lui.

J’ai souvent entendu la remarque « tu as un travail qui te le permet » (je travaille à mon compte). Or, je mets environ 10 à 15 minutes pour tirer mon lait pour le lendemain. Donc c’est tout à fait possible pendant la pause de n’importe quel travail. C’est peut-être plus contraignant, oui, je ne dis pas le contraire, mais c’est pour ça que c’est un choix. J’ai étudié les + et les – et, pour l’instant, je préfère tirer mon lait pendant la semaine et savoir que d’un autre côté, je peux sortir sans n’avoir presque rien à préparer (il faut quand même penser aux couches !) quand je suis avec mon enfant.

En savoir plus :

https://www.who.int/nutrition/topics/exclusive_breastfeeding/fr/

https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/allaiter-aujourd-hui-extraits

allaitement

L’allaitement

Quand E est né, je ne me suis même pas posé la question. L’allaiter me semblait l’option la plus naturelle. J’avais lu des livres et des articles sur l’allaitement et, à Gérone (Espagne), où nous habitions à l’époque la question ne se posait même pas. Le plus courant c’était d’allaiter et de le faire jusqu’à ce que l’enfant ait envie d’arrêter.

Les sages-femmes organisaient des cours de soutien pour l’allaitement et il y avait un grand réseau de mamans qui s’entraidaient. J’ai donc suivi la « tendance ».

Depuis le début, je m’étais dit que j’allaiterai mon fils jusqu’à ce qu’il ait ses dents… E a fait ses premières dents à 11 mois, comme s’il savait que s’il se pressait, on fermerait le robinet. Dans notre cas, c’est moi qui ai décidé que je ne voulais plus l’allaiter, mais nous avons essayé de faire la transition de la façon la plus douce et la plus respectueuse possible. Je l’ai donc allaité jusqu’à ses 13 mois. De ses 11 mois jusqu’aux 13 mois nous avons réduit progressivement les tétées jusqu’à arrêter complètement.

Ce que j’ai fait n’est ni la meilleure ni la pire des options. C’est juste mon choix. Cependant, ce qui dans notre environnement était « la norme » choquait en Bretagne (Je précise à Gérone et pas en Espagne car c’est l’environnement que nous avons connu, et en Bretagne et pas en France parce que je ne connais pas la situation dans tout l’hexagone).

Je savais déjà qu’il y avait certaines différences par rapport à l’allaitement entre la Bretagne et Gérone parce que nous avons des amies en France qui ont des enfants et qui n’ont pas allaité ou l’ont fait pendant une période très courte. Je ne critique pas le fait qu’elles n’aient pas allaité ; la décision d’allaiter est très personnelle, mais je veux mettre en évidence la différence culturelle existante. 

Quand nous sommes allés en France présenter notre petit bout de chou âgé de 3 mois, on me posait des questions et j’entendais des commentaires du style : « tu l’allaites encore ? ; et tu penses l’allaiter jusqu’à quand ? ; tu es courageuse, moi je ne pourrais pas le faire ; tu as de la chance, moi je n’avais pas assez de lait ; il a déjà eu assez, là c’est de la gourmandise… ». Et quand on se promenait à Gérone, les commentaires étaient plutôt dans l’autre sens : « tu l’allaites encore, non ? ; il a besoin du sein, il est encore petit ; tu vas tirer ton lait, non ? c’est tellement plus simple ! »

Concernant les questions de maternité, tout le monde aime bien s’en mêler et commenter, mais c’est vrai que les commentaires étaient très différents !

En 2016 nous avons déménagé en France, à Nantes, où j’ai eu mon deuxième enfant en février 2018. De nouveau, je ne me suis pas posé la question de l’allaitement. Mais là, j’étais dans un autre environnement et j’étais curieuse de voir les différences.

Pendant la grossesse, les sages-femmes me demandaient si j’allais allaiter mon enfant et si j’avais déjà allaité le premier et, souvent, je percevais une réaction de surprise quand je disais que j’avais allaité pendant 1 an, mais il faut dire qu’au CHU de Nantes, où j’ai accouché, les sages-femmes encourageaient toutes l’allaitement, ce qui changeait de l’idée préconçue que j’avais.

Cependant, maintenant que nous sommes au onzième mois d’allaitement, la différence entre les deux pays réapparaît et je trouve très peu de mamans qui allaitent leurs bébés au-delà des 3 ou 4 mois.

J’insiste, la décision de donner le sein ou le biberon est très personnelle et il n’y a pas une réponse correcte ou incorrecte. Mais, je me pose la question : est-ce que ces mamans qui ont décidé de ne pas (ou de ne plus) allaiter avaient toutes les informations pour choisir ? C’est pour ceci que j’aimerais partager ce que j’ai appris pendant l’allaitement pour que la décision soit prise sur des bases solides et pas sur des mythes ou de fausses idées sur l’allaitement.